BIOHAP dans FineEngineering Magazine : les apatites pour le traitement de finition des eaux industrielles

Cet article est une traduction française de l’interview publiée par FineEngineering Magazine le 13 octobre 2026. Il est reproduit avec leur autorisation.

Schéma d’un filtre contenant des granules d’apatites BIOHAP qui retiennent les métaux résiduels des effluents industriels.
Capture des métaux résiduels des eaux industrielles par les apatites BIOHAP. Illustration simplifiée d’une configuration à flux descendant.

Alors que les industriels doivent répondre à des exigences de rejet de plus en plus strictes et à des objectifs de zéro rejet liquide, BIOHAP développe une génération brevetée de produits minéraux à base d’apatites pour le traitement de finition des eaux usées industrielles.

Fondée en 2021 en Bretagne, BIOHAP fabrique des apatites techniques qui immobilisent les métaux — notamment le cuivre, le zinc, le cadmium, le plomb, le nickel et le chrome — dans des phases minérales stables.

Inspirée des structures géologiques naturelles, cette technologie à base de phosphate de calcium se décline en deux formats complémentaires : des granules pour une filtration continue en lit fixe, avec une durée de fonctionnement pouvant atteindre 12 à 18 mois selon les applications, et des poudres d’apatite destinées à être ajoutées directement dans des procédés physico-chimiques existants fonctionnant par bâchées.

Depuis le Campus de l’innovation de Vitré Communauté, BIOHAP propose des études de faisabilité en laboratoire, des essais pilotes et le dimensionnement de systèmes pour les secteurs du traitement de surface, du travail des métaux, du papier-carton, de l’électronique et de la dépollution environnementale en Europe.

Entretien avec Maxence Seillery, cofondateur et CEO de BIOHAP.

Pouvez-vous présenter brièvement l’entreprise et ses activités ?

Maxence Seillery : Depuis 2021, BIOHAP développe une nouvelle génération de produits brevetés à base d’apatites pour éliminer les métaux résiduels des eaux usées industrielles.

Basée en Bretagne, BIOHAP développe et fabrique des solutions minérales principalement destinées au traitement de finition. Elles aident les sites industriels à améliorer les performances de leurs procédés de traitement des eaux existants et à respecter des exigences de rejet de plus en plus strictes.

La technologie peut cibler simultanément des métaux tels que le cuivre, le zinc, le cadmium, le plomb, le nickel et le chrome, en les immobilisant dans des phases minérales stables.

Quels sont les principaux domaines d’activité de l’entreprise ?

BIOHAP est spécialisée dans le traitement des métaux résiduels présents dans les eaux usées industrielles, en particulier lorsque les traitements conventionnels ne permettent plus, à eux seuls, d’atteindre durablement les niveaux de rejet requis.

Nos solutions s’adressent à de nombreux secteurs : travail des métaux, fabrication de papier et de carton, blanchisseries industrielles, traitement de surface, incinération de déchets, électronique, chimie, agroalimentaire, cimenteries, mines et carrières… Elles peuvent également être utilisées dans des projets de dépollution environnementale et de réutilisation des eaux industrielles.

BIOHAP travaille en étroite collaboration avec les exploitants industriels, les entreprises de traitement de l’eau, les bureaux d’études et les intégrateurs de solutions. Notre accompagnement va des études de faisabilité en laboratoire sur les effluents réels aux essais pilotes, à l’intégration dans les procédés et au dimensionnement des installations à l’échelle industrielle.

Quelles sont vos nouveautés en matière de produits et de services ?

Le développement le plus récent de BIOHAP est sa nouvelle gamme de poudres d’apatite, conçues pour être ajoutées directement dans des procédés physico-chimiques existants et des traitements par bâchées.

Les apatites techniques représentent une nouvelle approche du traitement de l’eau. Elles s’inspirent de la capacité naturelle des apatites géologiques à capter et à stabiliser les métaux, mais leur composition et leurs propriétés sont spécifiquement optimisées pour les applications de traitement des eaux industrielles.

BIOHAP a développé plusieurs formulations d’apatites techniques pour répondre à différents contaminants et à différentes compositions d’effluents. Ces formulations peuvent être produites sous forme de granules ou de poudres, selon le fonctionnement du procédé de traitement.

Le format poudre apporte davantage de souplesse d’exploitation. Il peut être incorporé directement dans une cuve de traitement existante, avec un dosage adapté aux variations des concentrations métalliques et aux objectifs de traitement. Il permet ainsi d’introduire la technologie sans nécessairement installer une unité de filtration supplémentaire.

Quelles gammes de produits et de services proposez-vous ?

BIOHAP propose deux gammes complémentaires reposant sur la même technologie d’immobilisation minérale des métaux.

Les apatites granulaires sont utilisées dans un filtre en lit fixe pour assurer un traitement de finition continu. Lorsque l’effluent traverse le filtre, les granules immobilisent les métaux résiduels. Le procédé fonctionne en continu et de manière autonome, avec peu d’interventions de l’opérateur et sans manipulation quotidienne de réactifs chimiques. Selon l’application, les granules peuvent rester en fonctionnement pendant 12 à 18 mois avant leur remplacement.

Les poudres d’apatite sont ajoutées directement dans des cuves de traitement ou des procédés physico-chimiques existants. Leur dosage peut être ajusté selon la composition de l’effluent, les variations des concentrations métalliques et les performances recherchées. Elles sont particulièrement adaptées aux traitements par bâchées et aux installations nécessitant une plus grande souplesse d’exploitation.

BIOHAP propose également des études de faisabilité en laboratoire, des essais pilotes sur site, un accompagnement technique et le dimensionnement des systèmes de traitement. Ces services permettent de sélectionner la formulation et le format les plus adaptés à chaque application industrielle.

Comment décririez-vous le marché sur lequel vous intervenez actuellement ?

Le marché européen du traitement des eaux usées industrielles évolue rapidement. De nombreux sites industriels disposent déjà de systèmes conventionnels efficaces pour éliminer l’essentiel de la charge polluante, mais peuvent encore rencontrer des difficultés à maintenir de très faibles concentrations résiduelles en métaux.

Cela crée une demande croissante pour des technologies de finition pouvant être intégrées en aval des traitements existants, sans nécessiter une refonte complète de la station de traitement des eaux.

Cependant, chaque effluent industriel est différent. Sa composition, son pH, les ions concurrents, les variations de débit et les objectifs de rejet peuvent influencer significativement les performances du traitement. C’est pourquoi nos clients apprécient particulièrement les études préalables en laboratoire et les essais pilotes, qui fournissent des données concrètes sur leur propre effluent avant un déploiement à l’échelle industrielle.

Quelles tendances observez-vous sur le marché ?

Plusieurs grandes tendances structurent actuellement le marché. Les exigences de rejet deviennent de plus en plus strictes, tandis que les industriels accordent davantage d’attention à la réutilisation de l’eau, à la consommation de produits chimiques, à la production de boues et à l’empreinte environnementale de leurs procédés de traitement.

L’intérêt pour les technologies passives, modulaires et simples à exploiter progresse. Les unités mobiles de traitement sont également de plus en plus utilisées pour des projets industriels temporaires, des sites contaminés et des opérations de dépollution environnementale.

Une autre tendance importante est l’évolution de technologies principalement conçues pour éliminer de fortes charges polluantes vers des solutions plus sélectives, capables de traiter de faibles concentrations résiduelles. Les industriels recherchent des procédés robustes, capables de gérer les variations de qualité des effluents tout en réduisant les manipulations quotidiennes de produits chimiques et la charge de travail des opérateurs.

Quels sont les aspects les plus innovants de vos produits et services ?

L’innovation centrale de BIOHAP réside dans ses apatites techniques brevetées et dans l’optimisation de leurs propriétés naturelles pour le traitement des eaux industrielles.

L’apatite est un minéral à base de phosphate de calcium présent dans les milieux géologiques. Sa structure peut interagir avec les contaminants métalliques et les immobiliser grâce à plusieurs mécanismes minéraux complémentaires. BIOHAP reproduit et optimise ce phénomène naturel à travers des formulations maîtrisées, spécifiquement conçues pour le traitement des eaux polluées.

L’innovation va donc au-delà de l’utilisation des apatites techniques BIOHAP dans le traitement de l’eau. Elle repose sur la diversité des formulations et des formats disponibles, sur la maîtrise de leurs propriétés physico-chimiques et sur leur adaptation aux différentes compositions d’effluents et aux procédés de traitement industriels.

Cette approche minérale offre une capacité de rétention élevée, une immobilisation stable des métaux et une compatibilité avec une large gamme de conditions de fonctionnement. Elle apporte aux industriels une solution robuste et facile à intégrer pour atteindre le niveau de traitement final nécessaire au respect des exigences réglementaires.

Quelles sont vos perspectives pour le second semestre 2026 ?

Le second semestre 2026 marque une nouvelle phase industrielle pour BIOHAP. L’entreprise renforce ses capacités de fabrication, de conditionnement et de logistique, notamment à travers son installation au Campus de l’innovation de Vitré Communauté, en Bretagne.

Nous prévoyons d’augmenter le nombre d’études de faisabilité, d’essais sur le terrain et d’applications à l’échelle industrielle menés avec les industriels et nos partenaires du traitement de l’eau. Plusieurs projets sont également en développement avec des intégrateurs, des spécialistes du traitement mobile des eaux et des entreprises de dépollution environnementale, en France et dans d’autres pays européens.

Notre objectif est de transformer les résultats obtenus en laboratoire et lors des essais pilotes en applications industrielles récurrentes, tout en augmentant nos capacités de production et en rendant les apatites techniques BIOHAP plus largement accessibles aux professionnels du traitement de l’eau.


Source : FineEngineering Magazine, « BIOHAP Apatite Media for Industrial Wastewater Polishing », publié le 13 octobre 2026. Traduction française et reproduction avec autorisation.

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